Défi du 1 % no. 12 : J’aurais voulu être un artiste

J’ai un grand intérêt pour la performance et l’optimisation de l’efficacité du travail, mais il y a un sujet qui me fascine de plus en plus et qui est souvent opposé (à tort selon moi) à cette performance : la créativité.

Ça me fascine puisque, dans les projets auxquels j’ai participé qui impliquaient d’amener des musiciens en formation à faire de la composition et de l’improvisation, on remarque très clairement un grand bond en avant de leur implication et de leur motivation.

Ça me fascine à cause de l’extraordinaire effet que ces activités ont dans des activités de groupe alors que des élèves, même de niveaux différents, se retrouvent à collaborer sur un pied d’égalité qui n’existe pas dans des cours plus portés sur l’interprétation.

Ça me fascine de constater que des élèves qualifiés de tannants ou encore des élèves avec des troubles d’apprentissage se révèlent souvent des compositeurs ou improvisateurs hors pair, et surtout, avec une implication et une concentration qu’on ne leur connaît pas. (Est-ce que trouble d’apprentissage et surplus de créativité pourraient être liés ?)

Si vous êtes habitué d’interpréter la musique des autres, il est possible que vous soyez en train de vous dire que ce n’est pas pour vous. Or, je pense qu’en tant qu’interprètes, on a souvent un blocage puisqu’on croit malheureusement que ces compositions ou improvisations doivent être aussi « géniales » que la musique des grands compositeurs qu’on a l’habitude de jouer.

Pourtant, il est assez simple d’ajouter une touche de créativité à notre travail ?

  • Combien de façons différentes pouvez-vous jouer une même gamme ?
  • Combien de façons différentes pouvez-vous jouer un passage facile d’une pièce ?
  • Pourquoi ne pas prendre une partition facile et lire les mesures dans le désordre ?
  • Comment une de vos pièces déjà apprises sonnerait-elle avec des croches blues swingées ou des accents jazz ou sud-américains ?
  • Pourquoi ne pas prendre une pièce facile et la lire en imaginant une armure différente ?
  • Pourquoi ne pas essayer d’improviser un exercice pour un aspect technique du jeu de votre instrument ? Pourquoi ne pas composer une étude qui rassemble les meilleurs passages de vos improvisations ?
  • Qu’est-ce qui vous empêche de composer un contrechant sur une mélodie connue ?
  • Pourquoi ne pas vous prendre pour Gounod qui a composé une mélodie sur une pièce en arpèges de Bach ? Ça a quand même donné un Ave Maria chanté partout dans le monde ! Vous avez sûrement quelque part une petite étude ou pièce jouée en arpèges sur laquelle vous pourriez vous essayer ?

Ces activités demandent de la créativité, et on y retrouve même des stratégies associées à l’effet d’interférence contextuelle dont j’ai déjà parlé. Ces activités sont possibles à réaliser en parallèle à la préparation rigoureuse d’un programme de concert. Je vous assure que votre motivation et votre rapport à la musique n’en seront qu’augmentés.

D’ailleurs, une étude a démontré que les meilleurs musiciens ont souvent passé plus de temps dans leur jeunesse à s’amuser avec leur instrument en improvisant et en jouant des pièces à l’oreille que leurs collègues moins performants qui ont passé plus de temps à travailler de façon très formelle ! Je l’écris de nouveau : jeu à l’oreille et improvisation en plus de la pratique formelle…

John Lennon a dit « Chaque enfant est un artiste jusqu’à ce qu’on lui dise qu’il n’en est pas un ». Chers interprètes qui croyez que la créativité n’est pas pour vous, vous avez une fibre créative en dormance ! Elle a juste pâli et s’est empotée un peu plus à chaque bip du métronome…

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